Le geste surpris

LE GESTE SURPRIS 

Collection :
Photographies

Description technique :
176 pages, broché, 25 x 25 cm, 160 photographies en noir et blanc

Distribution : UD

Date de publication :
2002

ISBN français2-901785-37-9

 

4e de couverture

Comme si l’instant avait encore besoin
d’être surpris, la photographie le fixe,
fige le détail qui dit l’essentiel de l’oeuvre,
Double surprise, donc, que celle du regard
du photographe qui décèle peut-être,
l’instant d’une pose, l’intention de l’artiste ».
Les gestes ici réunis, rapprochés deux par deux,
révèlent le mouvement du corps, sensuel ou
intellectuel : gestes de l’amour tendre ou violent,
de la lutte, du travail, du jeu ou du plaisir ».

Préface

Les photographies d’œuvres du Louvre prises par Étienne Revault frappent par leur qualité mais aussi par ce qu’elles ont d’inattendu et de révélateur. L’œil du photographe a saisi admirablement le geste surpris par lui et, avant lui, par l’artiste. Elles frappent aussi par ce qu’elles donnent à voir : la répétition de la gestuelle à travers les époques. Pour accompagner cet assemblage, un texte de Salomon Reinach, issu d’une conférence prononcée en 1920, qui pointe exactement notre sujet : l’histoire des gestes dans l’histoire de l’art. En guise de conclusion, Salomon Reinach loue l’invention de la photographie qui a permis de fixer les gestes, celle-ci fixant en juste retour des choses le geste immortalisé par l’artiste.

Le répertoire des gestes qu’ont retenus les artistes est finalement peu étendu même si nous n’en avons ici qu’une part infime : geste de pudeur, geste délicat et poétique, geste de tendresse, geste de violence, geste pour toucher, prendre, tendre, donner, geste pour exprimer une émotion, geste d’abandon … Le geste donne le ton à l’œuvre sculptée ou peinte; la position des mains, le jeu des corps, l’attitude du groupe sont fixés pour leur intensité; ils sont exacerbés : le plus tendre, le plus gracieux, le plus délicat, le plus vigoureux, le plus cruel. La photographie recrée ces œuvres en nous les donnant à voir d’une autre manière, y compris pour celles qui nous sont familières: avait-on jamais compris ce que telle œuvre avait de si remarquable?

Le geste surpris est surprenant d’éloquence, aucun discours n’est nécessaire pour en saisir la formidable force.

Henri Loyrette

Président-directeur du musée du Louvre