Eros-ion

EROS-ION

La rencontre d’œuvres étrangères l’une à l’autre, leur entrechoquement fait entendre un bruissement singulier, inattendu.

Cette exposition est l’occasion d’une rencontre entre deux travaux très distincts qu’a réalisés Étienne Revault. Un travail sur le couple – qui s’inscrit dans une recherche sur le corps ouverte il y a maintenant quelques années – côtoie un travail plus récent : les vestiges archéologiques de l’Égypte. Différentes époques donc se mêlent dans l’oeuvre d’un même photographe, et se révèle une musique nouvelle : le couple fragmenté par le cadre photographique se livre à l’état de ruine. Tendus l’un contre l’autre, les corps se réduisent à l’unité de leur chair et deux rejoint l’un, ruiné, incertain comme le souvenir.

D’une rencontre entre deux s’épanche une matière unique, dernier vestige d’une étreinte.

Le couple rencontre la ruine – Érosion – et la ruine tout à coup répond à cette omniprésence de la chair : la pierre se charge des tonalités de la vie. Des gris taillés dans l’épaisseur de la pierre, matière et mémoire, nous rappellent que la ruine est le réceptacle de la création.

Claudine Matrat

Érosion
Exposition de vingt-cinq photographies d’Étienne Revault
(22 octobre au 13 décembre 1996)
Galerie la caserne