Eat-art

Au début est le Nu. Le nu simple, le sujet sur lequel se peaufine les lumières. Puis c’est le rapport de ce nu avec un cube, une sphère ou d’autres formes et accessoires: corde, voilages, agaves. Ensuite c’est la mise en scène du nu avec la pierre et le monumental.

Aujourd’hui, c’est le nu et le fruit ou le nu et la friandise. Je photographie le sujet associé avec la nourriture. C’est une étude sur l’analogie. Je m’immerge dans un univers d’images qui a son propre climat, né de l’alliance du corps et du végétal ou de la gourmandise. Mais cela peut être un fruit seul qui aura l’empreinte du corps, de ses lèvres. Ces lèvres qui peuvent s’entacher de crème. Ou bien une bouche qui goûtera une pêche et nous transmettra le désir. Le rapport se fait amoureux, sensuel, photogénique. Les matières s’unissent et se ressemblent dans l’envie.

Tout jeune, j’ai commencé par dessiner, sur les traces de mon père qui remplissait des carnets sur les bords de la Méditerranée. Le crayon était académique, je dessinais dans les musées des vases et des bustes mais aussi des visages aux grands yeux et aux lèvres pleines. Et c’est peut être l’audacieux dessin d’un nu que je fis à la craie sur le mur d’une classe dans un collège catholique, un nu aux seins lourds et aux hanches arrondies, qui me jettera au-dehors et m’ouvrira la porte à la photographie.

 

Etienne Revault

GALERIE KO 21